Un bleuet loin du fjord

Monday, September 26, 2011

Les matelots matent l'eau.

In English perhaps another day, assuming I find the time, and that the book gets translated to Jack Kerouac's writing language

Aujourd'hui, je me sens comme Miguelito, personnage de Quino. Ce n'est plus mon genre d'écrire des billets de blogue un soir de semaine, la veille de donner un cours en plus, mais j'ai passé la fin de semaine à Montréal parce que j'avais deux billets pour le Canadien (partie de pré-saison) et que j'étais pas allé au hockey depuis la dernière ronde du circuit Gilles Courteau de '91, l'année où les Saguenéens avaient gagné la coupe du président face aux Voltigeurs de Drummondville (en balayage), à l'époque où mononcle Doggy (ou Dougie, ou Doug, ou Douglas en fait, mais j'aime bien Doggy pour faire parallèle à un Pitou que je n'ai pas connu et par contraste au docteur planqué par Neil Patrick Harris, qui maintenant est un héros geek comme l'est Wil Wheaton) était gérant et que Jos Canale qui parlait l'anglais, le français et l'espagnol en même temps était l'entraîneur. Son poste est maintenant occupé par Marc-Étienne Hubert, camarade de classe à la petite école comme dirait feue tante Henriette, qui nous amenait mes frères et moi aux games des Sags dans ce temps. J'ai d'ailleurs mangé un frite dégueulasse avec un Coke au Centre Bell en sa mémoire.

Tout ça pour dire que cette autre crise aigüe de nostalgie, commune dans la famille, a été provoquée par la lecture du bouquin intitulé Arvida, écrit par mon cher cousin Samuel Archibald, que j'ai terminé dans l'autobus Greyhound entre Montréal et Ottawa, retardé par les embouteillages interminables causés par la construction qui vaudrait bien quelques livres d'histoires de mafieux. Contrairement à ses dires, ce n'est pas son vrai nom mais bien un nom de plume. Un Archibald francophone à Arvida, ça n'existe pas. Il y avait bien des Archibald, mais c'était des anglophones, et des vrais Écossais, comme mon grand-oncle Elmer (tout un personnage sur lequel il n'y a pas un mot dans le livre). Certains disent que les Archibald francophones d' Arvida sont des Archambault mal épelé mais c'est faux. Ce sont des anciens nobles français du nom de De Saqueue qui ont fui la Révolution. Il faudrait donc référer au geek de service à l'UQÀM, par son vrai nom: le professeur De Saqueue. Il y a énormément de fiction dans ce livre, et pourtant, il y a de gros airs de famille. Des gros airs familiers aussi, dans les histoires où on ne se reconnait pas directement, mais on reconnait la région et ses habitants, ses amis d'enfance, des connaissances de la parenté et tout. Ça donne une lecture à un autre degré que toutes ces critiques pâmées devant les histoires ne peuvent tout simplement pas comprendre.

Des gros airs de famille aussi dans le style de langage. Décousu par moment, sautant du registre populaire au vocabulaire soutenu et intello. J'y reconnais de mon style et du style de mon grand frère, et un petit peu du style de mon petit frère dont j'ai lu bien peu de ses écrits d'école. Ça m'a rappelé la machine à écrire Underwood de chez grand-maman Mado (et crisse d'épais de Sam, comment pouvais-tu ne pas faire le lien entre Proust et le prénom de ta grand-mère, petit-fils indigne?), et qu'il y avait chez notre autre grand-mère (celle-là qui n'est pas commune évidemment), il y avait aussi une machine à écrire, mais cette fois à l'étage, le sous-sol étant hors limite de notre enfance. On allait y jouer quand le piano était occupé par nos autres cousins et cousines Bergeron et que la machine à coudre mécanique devenait ennuyeuse aussi.

À une autre époque, où Sam avait lu une poignée de Stephen King et que Guillaume s'était tapé une demi-douzaine de Who dunnit d'Agatha Christie, Sam avec une machine à écrire électrique pas Underwood à ce que je sache, qu'il avait amené dans le sous-sol chez nous, avait entrepris une collaboration avec mon grand frère, un super roman mélange d'horreur (dont Sam était un maître incontesté) et de policier (dont Guillaume avait l'expertise aussi précoce que géniale). Il en avait commencé l'avant-propos à grands mots flatteurs et grandiloquents sur leur incomparable talent, et à quel point ce livre dont les lecteurs allaient entreprendre la lecture serait la plus géniale collaboration de tous les temps. Entretemps, on a tous passé le reste du millénaire dans la lune et dans nos imaginaires sans jamais pondre quoi que ce soit, mais tout en espérant de mettre quelque chose sur papier. Dans mon cas, un roman fantastique, qui, à l'époque de ma sixième année, avait pour titre "Dévétar le chevalier", histoire d'une quête de rédemption d'un petit apprenti-chevalier déchu dont le royaume aurait été envahi par un dragon maléfique, seigneur maître de la terre du mal qui s'appelait le Décrolaur. Un mélange de Bilbo, du Seigneur des Anneaux, de la Table Ronde, de Perceval, et de nos aventures de l'Oeil Noir et de ma perception de Donjons & Dragons définie par les dessins de Nicolas Rouleau (camarade de classe aussi, comme Marc-Étienne Hubert, mais qui ne jouait pas dans la ligue atome). Guillaume a toujours voulu écrire quelque chose de policier. Il ne l'a pas encore fait. Mais voilà que notre cher cousin a pondu un livre à partir d'histoires de famille et de son imagination, qui comme la nôtre, est très fertile. Il a évidemment un talent pour la plume qui ne nous est pas étranger. Il a aussi cet avantage de venir d'une famille divorcée, et qu'il a bien été en partie élevé par sa grand-mère, donc il a plus le profil de l'écrivain, de l'artiste torturé que nous, bons enfants de parents médecins aisés qui n'avons jamais connu la misère.

J'ai joué pendant douze ans du piano par amour de la musique mais jamais vraiment par passion. Comme le Salieri d'Amadeus, c'est plutôt une appréciation du génie dont j'ai reçu, mais pas de don. Le talent musical dans la famille, c'est notre cousine Éliane qui l'a eu, particulièrement pour le piano jazz. L'autre nuit, j'ai rêvé à Sam, à la famille et à Arvida, où j'ai été baptisé en même temps que mon cousin, qui est plus vieux que moi par deux semaines et demi, et a commencé l'école un an avant par le hasard du calendrier, mais que j'ai rattrapé en quatrième session de quatrième année pour la sauter. Dans mon rêve, Sam jouait du piano avec une virtuosité incroyable, du classique, alors que moi je reconnaissais avoir été seulement capable de piocher maladroitement sur les touches.

Qu'à cela ne tienne. Ton hostie de bouquin fucké par boutte et plein de nostalgie, de mensonges et d'omissions impardonnables est un défi. Une autre quête du Graal. J'espère avoir un peu plus de mention dans ton prochain bouquin, 1994. Je finirai bien par faire un recueil quelconque d'histoires fantastiques médiévales non-épiques (pour faire différent, maudites chroniques interminables et trilogies à la con), histoire de mettre quelque part sur papier ces bribes d'imagination perdue, ces restes d'aventures de Donjon jamais entamées, c'est jeux d'enfants jamais terminés. Je veux joindre les rangs des auteurs ratés tout en achevant le rêve de nerd qu'est d'écrire une merde calquée sur de meilleurs récits entre Star Wars et Le Seigneur des Anneaux.

Bon, assez de diarrhée verbale dactylographiée. Je vais finir par me prendre pour un Jack Kerouac à deux cennes. En plus, j'ai eu une pause de quelques heures au milieu. Ça aide pas.

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2 Comments:

  • Wow! Tu es en verve! Tu devrais montrer ton billet à Sam. Si tu as le temps, prends le temps d'écrire. Moi j'ai à peine le temps de bloguer. Mais il me faut écrire. Cela dit, même si je crois bien avoir des talents d'artiste, ils sont un peu dispersés: je suis un acteur, un auteur et un chanteur raté. Mon roman policier est sur la glace depuis des siècles, j'ai des idées mais peu de mots pour les dire, il faudrait bien entretemps que j'essaie de retourner sur scène. Ou faire mes débuts devant une caméra.

    Est-ce que Sam nous mentionne dans Arvida?

    Ah oui, Joe Canale était Italien, en passant.

    By Blogger Guillaume, at 9/27/2011 04:27:00 PM  

  • Oui, nous sommes mentionné collectivement, très brièvement à la page 306 (je pense), dans la dernière histoire. Le livre fini très fort d'ailleurs, c'est ça qui m'a amené à écrire ce billet. Notre mère y est plus souvent. Ton parrain beaucoup plus, évidemment, puisque Sam a écrit le livre pour expliquer "sa folie", comme il commentait à Sans préliminaires.

    Et si j'ai écrit un billet-fleuve, pour ainsi dire, c'est que j'ai fini le livre dans l'autobus à mi-chemin entre Montréal et Ottawa, et que j'avais pas d'autre chose à faire dans un autobus où la lumière au-dessus du siège ne marchait pas et que le soir était tombé. J'ai donc sorti mon ordi et mon traitement de texte.

    Et erreur du pitcheur de ma part pour Jos Canale. Me semblait qu'il était latino-américain ou je confonds avec la mescaline, qu'il a déjà consommé me semble, à moins que j'en invente. On est tous fabulateurs et un brin mythomanes dans la famille.

    By Blogger PJ, at 9/27/2011 04:54:00 PM  

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